Ne pas s’autoriser à être fatigué ou du validisme intériorisé- David

Hier, j’aurais dû publier un article.

Hier, je suis sorti sous la pluie. Hier, j’ai vu une amie. Hier, je suis allé en kiné suivi d’un dîner très sympa.

Hier, j’ai donc été productif, actif mais ni le corps ni l’esprit n’y étaient. Hier, j’aurais simplement voulu rester au lit mais je ne l’ai pas fait.

Je ne l’ai pas fait parce que je ne me sentais pas légitime de le faire et que les raisons que je trouvais me semblaient minimes.

La fatigue tout d’abord… Oui mais je suis tout le temps fatigué et je culpabilise déjà de ne pas être allé en cours pour dormir alors, je dois honorer mes impératifs de l’après-midi, c’est le minimum.

Le temps… Personne n’aime sortir sous la pluie. Donc ce n’est pas parce que tu vas avoir les jambes trempées toute la journée, ce qui vas te donner froid et possiblement faire que les muscles se contractent que tu vas rester chez toi. (Je sais que les capes de pluie existent mais je trouve pas ça hyper seyant). Une personne valide ne restera pas chez elle donc sors !

Le fauteuil de prêt car les batteries de mien ont lâchées au bout de 5 mois et 1000km.

Toutes ces petites choses ont fait qu’hier, j’ai été actif mais fatigué, fatigué de l’extérieur, du bruit, du monde…

Mais cette fatigue, j’ai beaucoup plus de mal à l’écouter que la pure fatigue physique et je continue, tant que je peux car j’ai peur que les gens assimilent cette fatigue indirectement liée au handicap à de la feignantise. Et même moi, j’ai tendance à me dire, une personne valide le fait, tu as les capacités de le faire alors, fais le, fatigue ou pas….

Voilà… Il s’agit simplement aujourd’hui d’un partage de vie et peut-être d’un début de discussion sur le validisme intériorisé.

3 réflexions sur “Ne pas s’autoriser à être fatigué ou du validisme intériorisé- David

  1. C’est difficile de constater que quel que soit le handicap on ressent tou.te.s ce sentiment d’illégitimité qui nous empêche parfois de prendre soin de nous, qui nous fait nous juger trop sévèrement et parfois pousser les limites trop loin. J’accepte très mal aussi d’être fatiguée (et être malade quelques jours n’en parlons pas, je refuse), alors que me mettre au lit ou cesser de faire ce qui était prévu m’éviterait souvent bien des catastrophes, crises, déprimes et davantage de fatigue au final. Bref, merci mille fois pour cet article ❤

    J'aime

    • Merci à toi pour les commentaires 😉

      Disons que j’ai mis très longtemps à accepter que les douleurs et autres sont des limites réelles que je ne peux de toute façon, plus dépasser à un moment donné.
      Mais je me refuse encore à m’arrêter quand il s’agit « uniquement » de fatigue morale même si c’est une conséquence du reste.

      J'aime

      • je trouve ça fou qu’on puisse avoir le même mécanisme de pensée quand il s’agit de douleurs physiques (ce qui m’arrive relativement peu, enfin du coup je ne sais plus vraiment faire la différence ^^ ). Après il faut aussi voir en situation si ça nous coûte davantage psychologiquement de renoncer à quelque chose, plutôt que de le faire même au prix de la fatigue. Des choix et calculs de tous instants. Bon courage et bon repos 🙂

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s