Les hormones, 5 ans après! – David

Cher.es toi,

Peut-être ne l’as tu pas remarqué ou peut-être que si et que tu as râlé un peu mais je t’écris avec une journée de retard. Saches que j’ai une très bonne raison à cela, aujourd’hui, c’est une date anniversaire ! Il y cinq ans, jour pour jour, je faisais ma première injection de testostérone !

Je ne vais pas te faire un bilan des changements physiques parce que cela fait longtemps qu’il n’y en a plus. Mon corps a fait sa deuxième puberté durant environ les deux premières années de traitement. Si tu le souhaites, cela pourra être l’objet d’un prochain article.

Pour ce qui est de cet anniversaire, j’ai décidé d’aborder l’impact moral, non pas de la testostérone en elle-même mais du fait d’avoir un traitement à long terme. Et de te faire part de comment mon passé médical a pu influencer mon rapport à ce soin.

Un petit récapitulatif :
– Si tu lis le blog depuis un moment, tu sais que j’ai commencé les hormones au Québec. Là-bas, le traitement s’administre par des injections hebdomadaires sous-cutanées (petites aiguilles sous la peau, dans le gras du bide).
Donc, injections régulières mais peu douloureuses. J’avais déjà eu ce type d’injection pour des anti-coagulants quelques années auparavant donc je savais le faire moi-même.
Puis, j’étais soutenu moralement par un ami car la première injection de testostérone, c’est un accomplissement, un soulagement, que du bonheur et de l’euphorie ! Donc, tu te doutes bien que la charge émotionnelle n’aide pas au moment de se piquer !

  – En France, les injections sont intramusculaires, dans le muscle, donc… Une toute autre histoire. Enfant, j’ai eu des injections intramusculaires dans les jambes, sans anti-douleurs et j’en garde un souvenir traumatisant.
Autant te dire que j’ai presque fait une attaque de panique quand, à mon retour à Paris, j’ai appris que pour continuer les hormones, c’était une injection intramusculaire tous les 21 jours.

Ce souvenir d’enfant a influencé voir conditionné mon rapport à mon traitement hormonal.
D’une part, j’ai décidé de faire les injections moi-même, pour avoir le contrôle, voir se qui se passe, gérer la possible douleur.
Enfant, j’étais sur le ventre, les médecins ayant le contrôle de la situation. J’ai donc voulu l’opposé pour un traitement que j’ai attendu et voulu.

D’autre part, il faut être détendu, le plus possible. Faire une injection dans un muscle contracté, c’est pas l’idéal niveau douleur et je savais qu’en le faisant moi-même, ça serait plus simple à gérer.

Le plus compliqué les premiers temps a été de faire avec ce souvenir. Mon corps a imprimé le froid, la douleur, l’impuissance ressenti lors de ces injections. Ressenti que mon cerveau a associé au mot « intramusculaire ». Du coup, j’ai dû apprendre à mon cerveau et à mon corps que ce type de traitement pouvait être synonyme d’un moment important, joyeux et bien moins douloureux que par le passé.

Aujourd’hui, le moment de mon injection est toujours important même si beaucoup moins solennel que les premiers temps.
Le souvenir quant à lui est toujours là mais ne vient plus gêner ce temps particulier entre moi et moi-même.

Deuxième point influencé par mon historique médical. Un traitement de fond et à long terme. Les injections remplacent mon système hormonal féminin comme je n’ai plus ni utérus ni ovaires. Je ne peux donc plus les arrêter tout comme les anticoagulants qui balancent la hausse d’hémoglobine due à la testostérone. Mais comme plus jeune, j’avais déjà eu des traitements au long court, je suis habitué et cela ne me dérange pas. De plus, encore une fois, c’est un traitement que j’ai pris par choix et donc, je le gère sans pression médicale extérieure.

En conclusion, cinq ans après, mon injection reste un moment spécial que j’ai dû apprivoiser de manière différente qu’une personne valide à cause du handicap et de mon histoire médicale.

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