Témoignage d’une auxiliaire de vie scolaire (A.V.S.)

Je me présente je suis AVS (assistante de vie scolaire) un métier qui m’a fait rêver lorsque ma fille, handicapée et scolarisée, avait besoin de quelqu’un pour l’aider afin qu’elle puisse avoir une scolarité « normale ». Cette personne lui a permis de prendre un nouveau départ et je l’en remercie encore aujourd’hui.

A la recherche d’un emploi je me suis tournée pleine de motivation vers ce travail avec l’espoir de pourvoir aider des enfants handicapés dans leur scolarité…

Avant tout je veux rappeler ici les missions et fonctions de l’Auxiliaire de Vie Scolaire ; cette aide humaine s’exerce sur quatre fonctions essentielles :

1 Accompagnement dans les actes de la vie quotidienne,

2 Accompagnement et soutien dans les apprentissages

3 Accompagnement à la vie sociale

4 Participation à la réalisation du Projet Personnalisé de Scolarisation, le P.P.S (réunion avec toutes les personnes concernées : corps enseignant, AVS, médecin référent, parents).

De par mes différentes expériences dans plusieurs établissements scolaires, il n’est pas toujours possible de s’investir complètement dans son travail, en effet, le corps enseignant n’implique pas forcément l’AVS dans la scolarité de l’élève en omettant de lui communiquer par exemple une absence prévue de l’enfant, un rendez-vous avec les parents…, il est rarement demandé l’avis de l’AVS en charge de l’élève alors que c’est elle qui l’accompagne et le connait très bien. De plus il faut savoir que le salaire de l’AVS est de 865€ brut pour 24 heures de travail avec parfois un déplacement, à sa charge,  dans deux écoles différentes. En conclusion, l’AVS doit avoir une très bonne motivation pour remplir sa tâche professionnelle car rien n’est fait pour encourager les personnes exerçant ce métier !

Actuellement je m’occupe de deux enfants un garçon autiste de 6 ans en grande section de maternelle et une petite fille de 4 ans avec un âge mental de 6 mois en moyenne section.      Je me heurte tous les jours à l’inadaptation de l’école et des moyens qu’elle a pour soutenir ses enfants. Pour mon autiste qu’on appellera Adam nous avons essayé d’avoir un appui car il peut être très violent et dangereux pour lui et ses camarades, la directrice a même fait des remontées afin d’obtenir quelque chose ou quelqu’un qui puisse nous épauler mais rien…

De plus, j’ai pu aussi constater à maintes reprises l’attitude d’incompréhension du handicap de la part de l’éducation nationale, comme des maladresses verbales par exemple.

Pour faire progresser Adam j’en suis arriver à fabriquer des activités avec les moyens du bord (pinces à linge sur lesquelles je pose des gommettes, tubes fabriqués avec du carton, par exemple). Comme il ne peut pas avoir de classeur de progression comme les autres, je le photographie dans ses exercices (je voulais faire un album photos avec commentaires) mais ça coûte trop cher à l’école !!

Pour l’autre petite fille, l’école n’est carrément pas adaptée pour elle, j’ai vraiment l’impression d’être là pour la « garder » et c’est tout.

Je pense que ces emplois sont une bonne chose et pourraient être plus encore si on pouvait avoir des formations adaptées aux enfants dont on s’occupe et des crédits pour s’équiper car je reste fermement convaincue qu’il faut accueillir ces écoliers et leur donner toutes les chances de trouver leur chemin et leur indépendance pour leur future vie d’adulte.

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