Temps et handicap : un apprentissage de longue durée

Il y a un critère qu’on ne pense pas forcément à associer au handicap ; c’est la question du temps. Dans un monde ou le temps c’est de l’argent, ou, efficacité doit rimer avec rapidité, le handicap en tout cas, l’hémiplégie ne rime pas avec vitesse.

Je peux le constater en faisant parfois des gestes du quotidien : lorsque ma main veut faire scission avec le reste de mon corps en se crispant, mettre un simple t-shirt ou une veste est bien plus long que prévu et pour enfiler les chaussures, alors là ça devient l’épreuve de patience. Evidemment ce genre de chose arrive toujours quand on est pressé sinon ce n’est pas drôle…

Parfois c’est aussi une question de jour : il suffit qu’on soit à 100% pendant des jours, et puis la fatigue aidant n’être plus qu’à 85% de ses capacités et c’est là que le manque de temps et l’impression de lenteur se font sentir.

Cette question de temps se pose aussi dans le cadre des études ou la vie professionnelle : le tiers temps, écrire peut-être plus lent… très vite le fait qu’on puisse mettre plus de temps que les autres m’a longtemps complexée : quoi mon voisin de table finissait dix minutes avant moi ! Quelle honte ! Mon premier mémoire a mis plus longtemps à être réaliser que les autres ?! Inexcusable. Derrière ce temps, se pose le problème d’être à côté de la plaque, la crainte d’être moins performante que la moyenne…

Stop. Rembobinage :

Déjà première erreur malgré ce que nous fais croire la société, personne ne peut-être efficace 24heures sur 24H, 7 jour sur 7. Humainement ce n’est pas possible. Alors décomplexons sur ça.

Deuxième erreur : se comparer aux autres. Penser que si lui est arrivé à cette vitesse là et moi non, cela voudrait dire que je sois moins capable ? Non, mon travail vaut autant que mes camarades que ce soit au niveau de mon raisonnement ou du résultat.

C’est ma tâche personnelle et je l’accomplis bien : et si ça me prend plus de temps et bien tant pis, ou tant mieux car rapidité ne signifie pas efficacité loin de là. N’oublions pas qu’handicap ou non chacun à ses points forts et ses  faiblesses donc ça ne sert à rien de se jauger à part à se dévaloriser, se stopper bêtement.

Et puis au final en quoi est-ce gênant de prendre plus de temps ? Prendre plus de temps pour se connaitre, et connaitre ses forces, est-ce un mal ? Non. Prendre du temps afin de ne pas s’énerver et de trouver des astuces qui au final nous ferons moins attendre est-ce mauvais ? Non plus . Prendre plus de temps afin de révéler des capacités d’adaptation et éviter des erreurs ? C’est essentiel.

En conclusion, si le fait que le handicap impose un rythme différent dans la vie professionnelle ou personnelle, cela ne signifie pas qu’il est moins bien que celui des autres!

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