La campagne : ça nous gagne ? -Marie.

Ha, la campagne!  Le cui-cui des oiseaux, la tranquillité, le bon air (agrémenté de la fragrance délicate du purin). Bref quel cadre merveilleux, où il est séduisant de résider, n’est-ce pas ?

Seulement, il y a un point noir dans ce beau paysage, c’est l’accessibilité et la condition de vie des personnes en situation de handicap. Si en ville, les choses commencent doucement, certes, à bouger, on peut dire que dans le monde rural cette question reste figée et même gelée.

Je peux en témoigner car j’ai vécu la plus grande partie de ma vie à la campagne, dans un petit village où il y avait dix fois plus de vaches que d’habitants au km2, et où tous les commerces (boulangerie, pharmacie etc…) se trouvaient dans le village voisin. Dans ces conditions, les tâches quotidiennes  peuvent devenir un vrai parcours du combattant.  Comme le plus souvent se déplacer en voiture est le seul moyen possible de locomotion (puisque que les transports en commun dans l’espace rural sont aussi rares que les gens sobres et à jeun durant la St Sylvestre) cela signifie qu’il faut devenir tributaire d’une tierce personne pour aller chercher simplement son pain. D’ailleurs, cette simple besogne n’est peut-être pas à votre portée vue les marches à l’entrée du magasin, comme dans tous les commerces, y compris chez le médecin ou la pharmacie.

Mais ce manque d’accessibilité se retrouve aussi, évidemment, dans les endroits publics* tels que les écoles (accrochez-vous si vous voulez inscrire votre enfant en situation de handicap, dans une école en pleine cambrousse avec des locaux adaptés), ou encore à la mairie. Dans ce dernier cas, à cause de locaux inadaptés et/ou de personnel non formé, les personnes handicapées ne peuvent tout simplement pas faire des démarches administratives, et mettant par la même occasion, un beau doigt d’honneur à ton droit de vote. Parfois ces contraintes empêchent de participer à la vie de ta commune : par exemple, une dame en fauteuil n’a pas pu aller à la fête du 14 juillet de son village car la salle des fêtes, n’était pas accessible (il est vrai que les handicapés, cette espèce étrange, ne se sociabilise pas !)

Mais ça, c’est pour les petits chanceux qui ont pu s’installer dans ces villages paisibles, car beaucoup d’handicapés doivent renoncer à y habiter: pour les raisons que j’ai données plus haut, mais aussi parce que il faut s’arracher les cheveux pour trouver des maisons adaptées : les veilles maisons sont souvent très biscornues et les nouvelles construites par les promoteurs immobiliers ne sont pas mieux (maison de plein pied ? connais pas !)

Certains diront qu’il suffit qu’on habite à la ville. Mais selon l’INSEE, l’espace rural représente 70% du territoire français, et deux tiers des communes sont concernées.

Cela limite beaucoup l’espace et le choix de son cadre de vie, non?

(*) les espaces publics doivent être accessible aux personnes en situation de handicap selon la loi de 2005 dans un délai de dix ans ; cependant le parlement à accorder un nouveau délai pour que ces établissement soient en conformité : espérons qu’ils passent à la vitesse supérieure !

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